Le gouvernement envisage de sanctionner le cyber-harcèlement de groupe par trois ans de prison

Le gouvernement envisage de sanctionner le cyber-harcèlement de groupe par trois ans de prison

Imaginez : un soir, vous regardez un direct d’un de vos vidéastes préférés. Tout se passe normalement lorsque soudain, la discussion instantanée est envahie de messages. Parfois des noms, parfois des insultes, vous comprenez vite que la communauté d’un autre vidéaste — bien souvent à sa demande — s’est emparée de l’espace commentaire.

Il s’agit d’un raid, ou cyberharcèlement de groupe, qui peut se manifester sous bien d’autres formes : des messages sur des forums, des commentaires de blog ou de vidéos, des Tweets ou posts Facebook haineux, des e-mails menaçants… Souvent lancés dans l’optique de s’amuser, la plupart des utilisateurs ne participent pas activement après un ou deux messages : toutefois, la trace laissée sur Internet est indélébile. Aujourd’hui, le gouvernement envisage sérieusement de condamner cette forme de cyberharcèlement.

Présentée par Marlène Schiappa dans son projet de loi contre les violences sexuelles et sexistes, cette future disposition envisage de punir tout acte de cyberharcèlement de masse de trois ans de prison ainsi que d’une amende allant de 30 000 à 45 000 euros, et ce même si la personne concernée n’aura envoyé qu’un message — car elle aura malgré tout directement prit part à un mouvement de masse. “Il serait hasardeux de se déresponsabiliser derrière le nombre”, déclare la Secrétaire d’Etat durant son passage à la télévision.

Pris pour cible pour leur opinion politique, leur origine ethnique, leur orientation sexuelle ou encore leur genre, tout le monde est concerné par le cyberharcèlement. Dans la majorité des cas, les actes d’agression en ligne ne sont punis que parce qu’ils couvrent d’autres crimes dans le même temps : usurpation d’identité, tentative de corruption sur mineur… Pour le moment, le code pénal ne prévoit de sanction qu’à l’encontre de personnes coupables de harcèlement sexuel ou moral ; sans prendre en compte l’aspect de groupe propre aux communautés numériques, où le comportement des utilisateurs et impacts de leurs actions sont très différents d’un cas plus classique de harcèlement.

Il s’agit là d’un grand pas dans le domaine juridique, selon certaines associations féministes, mais certaines d’entre elles notent également qu’il est nécessaire de former le personnel de police afin de mieux prendre en charge ce type de plaintes.

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